Journal Du Net parle de Logpickr :

La société rennaise associe process mining et intelligence artificielle afin d’optimiser dynamiquement les processus métier. Crédit Agricole et Orange figurent parmi ses références.

Au croisement du BPM (gestion des processus métiers) et du data mining, le process mining consiste à analyser les données dédiées à l’exécution d’un processus afin d’en déduire des axes d’optimisation. Un domaine récent mais qui connaît un réel engouement. Avec la crise sanitaire, les entreprises ont un besoin aigu d’améliorer et de rationaliser leurs modes de fonctionnement mais aussi de fiabiliser et automatiser leurs processus. Publiée avant la pandémie, une étude de Research & Markets prévoyait déjà que ce marché réalise 50% de croissance entre 2018 et 2023, pour atteindre 1,4 milliard de dollars à cette échéance.

Sur ce créneau porteur, Logpickr est le seul éditeur français dans les radars des cabinets d’analyse Gartner et Everest. Il est identifié par ces derniers aux côté des allemands Celonis et Software AG ou des américains Abbyy, EverFlow et UiPath. Start-up née en 2017 à Cesson-Sévigné, dans la banlieue de Rennes, Logpickr trouve sa force dans l’association du process mining et de l’intelligence artificielle. Pour Fabrice Baranski, son PDG et cofondateur, cette combinaison permet de donner une dimension dynamique et temps réel au process mining. “Au-delà de la vision statique du diagnostic de performances, l’IA permet d’alerter en cas de dérive d’un processus mais aussi de prédire ce qui va se passer, le tout au fur et à mesure de son exécution. Prenons une banque qui gère des crédits immobiliers. Elle pourra savoir à quel stade sera le dossier d’un client à 30 jours. A partir de là, elle peut anticiper d’éventuels problèmes comme des pièces manquantes et s’organiser en conséquence”, détaille-t-il.

Autre prolongement du process mining : le RPA (pour robotic process automation). “Une fois que l’on a compris comment fonctionne un processus, il devient aisément automatisable”, poursuit Fabrice Baranski. “C’est ce qu’on appelle le task mining, que nous proposons également dans notre offre.” En vue de couvrir lui-aussi ce domaine, le leader du RPA UiPath a racheté ProcessGold, un spécialiste néerlandais du process mining en octobre 2019.

Pour délivrer ses recommandations, la plateforme de Logpickr, baptisée Process Explorer 360, s’interface à divers progiciels de type ERP ou CRM, ainsi qu’à différentes sources telles des API REST ou des bases MySQL et PostgreSQL. La phase d’intégration permet de déterminer quelles données sont sollicités pour gérer tel processus d’achat ou de facturation. A charge ensuite à l’IA de la solution de “comprendre” l’enchaînement des tâches et de le représenter graphiquement sous forme de boîtes et de flèches. “Il s’agit de reproduire fidèlement ce qui se passe dans la vraie vie”, insiste Fabrice Baranski. “En entreprise, il y a souvent un décalage entre la vision idéalisée qu’a un métier d’un process et la réalité du terrain. Cette restitution permet de tout remettre à plat, de visualiser les goulets d’étranglement ou les dysfonctionnements mais aussi les modes de fonctionnement optimaux à reproduire.” Avec, à la clé, des gains de productivité, telle une réduction du temps de traitement, pouvant aller jusqu’à 30%, affirme-t-on chez Logpickr.

Selon Fabrice Baranski, le process mining couvre un grand nombre de cas d’usage parmi lesquels la gestion des crédits ou des sinistres, les processus d’achat, le contrôle financier ou le suivi des tickets d’incident pour un service support. Logpickr a décidé toutefois de se concentrer sur la banque-assurance et la logistique, “deux secteurs aux forts besoins d’amélioration en termes de processus”.

Des groupes du Cac 40 utilisateurs Gartner a sélectionné Logpickr pour la deuxième année consécutive dans son “Market Guide for Process Mining”. Le cabinet met notamment en avant les capacités d’innovation de l’éditeur et les performances de son moteur de recommandation. Parmi les références de la société figurent BPCE, la Caisse des Dépôts, Crédit Agricole, le Groupe IMA, Orange ou encore la Région Bretagne. Avant de cofonder Logpickr, Fabrice Baranski a travaillé près de sept ans pour Orange Labs, l’entité de R&D de l’opérateur télécom, déjà dans le domaine du process mining. Ce qui lui permet de revendiquer plus de dix ans d’expérience dans le domaine. Il s’est associé à Daniel Cortinovis qui a pris le poste directeur technique de la start-up. Lui avait notamment travaillé pour l’ESN SII ou pour TNI Systems.

Logpickr commercialise sa solution (Logpickr Process Explorer 360) en mode SaaS ou en mode on-premise. L’éditeur breton s’adresse en direct aux grands comptes avec pour interlocuteur le responsable de l’excellence opérationnelle ou des performances ou encore le DAF. Pour les plus petites structures, il fait appel à des cabinets de conseil en changements organisationnels tel Quaternaire, qui font office d’intermédiaires. “Notre outil leur fait gagner du temps dans la phase d’analyse”, avance Fabrice Baranski. Des éditeurs discutent également avec la jeune pousse pour compléter leurs offres. “Notre plateforme est une boîte à outils qui peut être utilisée par d’autres acteurs en vue d’optimiser un parcours client ou un parcours de soins”, confirme le CEO.

Vers une levée de fonds fin 2021 Logpickr envisage une levée de fonds fin 2021. Son montant n’est évidemment pas encore défini. Actuellement inférieur à dix personnes, l’effectif de l’entreprise devrait passer à trente d’ici deux ans. L’éditeur recherche des développeurs, des spécialistes de l’IA et des profils commerciaux. Les équipes sont réparties sur deux sites : la R&D est basée au siège à Cesson-Sévigné, et la force commerciale au sein de l’incubateur Paris-Dauphine. Logpickr fait par ailleurs partie de la dernière promotion de l’accélérateur French Assurtech.

Le cap de l’internationalisation devrait, quant à lui, être donné à partir de 2022. Grâce à la visibilité gagnée suite aux référencements de la solution par Gartner et Everest, l’éditeur reçoit déjà des sollicitations de l’étranger. Il intervient notamment pour des industriels européens évoluant dans la métallurgie ou la fabrication d’aluminium. Son démarrage à l’étranger est donc sur le rampe de lancement.

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